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[T3 - NOUVELLES IMPLANTATIONS]

Interview


Aujourd’hui, les Rendez-vous majeurs posent 3 questions à Julien LAHAIE, Directeur de la Mission Lyon Vallée de la Chimie à la Métropole de Lyon, qui porte un projet de territoire prenant en compte les risques et les PPRT. La Métropole Lyon intervient dans sur les nouvelles implantations et les plateformes industrielles, une thématique que ce territoire connaît bien. En effet, depuis plus de 10 ans, ces questions sont au cœur du travail de la Mission Lyon Vallée de la Chimie. A travers elle, la Métropole mène ici une action concertée avec les industriels, les services de l’État et les communes pour allier prévention et gestion des risques, et développement économique et industriel. En avant-première, voici les grandes lignes des éléments qui seront abordés lors du débat.

« Faire d’un territoire de nuisances un territoire ressource »


La Mission Lyon Vallée de la Chimie est née au début des années 2010, d’une volonté conjointe de la Métropole de Lyon et des industriels implantés le long du Rhône au sud de Lyon. Ce territoire, qui concentre 10 sites Seveso seuil haut sur une bande de quelques kilomètres, est emblématique des enjeux liés à la présence d’industries à risques. Enclavement, mauvaise image, manque d’attractivité, difficultés de renouvellement et de réorientations industrielles… Aujourd’hui, les actions se multiplient et les premiers résultats commencent à émerger.



1 - Comment est née le projet de territoire ?


Historiquement, la plupart des industries présentes dans la vallée appartenaient à Rhône-Poulenc. Dans les années 80-90, avec la scission de l’entreprise, les sites ont été vendus à différents groupes, qui pour certains étaient concurrents. Dix ans plus tard, alors que l’on commençait à parler des PPRT, les collaborations entre industriels étaient assez rares. C’est donc pour jouer un rôle de coordinateur, et porter un projet de territoire, que les industriels ont sollicité ce qui était encore la communauté urbaine de Lyon. Cela faisait des années que ce territoire était plutôt caractérisé par des fermetures de sites, des réductions d’effectifs et aucune implantation nouvelle. La collectivité a donc décidé de structurer avec les industriels un projet public/privé, qui permette aux entreprises de continuer leur développement, de rendre cette zone attractive pour des projets d’implantation et, plus globalement, de soutenir le développement économique de la zone. La mission Lyon Vallée de la Chimie a ainsi été créée en 2012 après deux années de préfiguration.



2 - Quels étaient vos axes de travail ?


Dès le départ, l’équipe de la mission a travaillé sur trois axes essentiels :
- Renforcer la plateforme industrielle
- Engager la transformation économique et diversifier ses activités
- Aménager le territoire et reconnecter la vallée à son environnement.

L’accompagnement de la collectivité s’est d’abord traduit par des investissements importants, et nécessaires, en matière d’infrastructures routières et de transports en commun. Le territoire n’avait l’objet d’aucune remise à jour depuis les années 50 ans, voir même le 19e siècle pour certains sites.
Il y avait aussi une demande forte des industriels pour diversifier l’activité jusqu’alors quasiment exclusivement liée aux énergies fossiles. L’objectif commun était, dès les années 2010, d’élargir la chaîne de valeurs vers de nouvelles typologies, toujours dans les domaines de la chimie, de l’énergie et de l’environnement, comme la chimie de spécialités, le bio-sourcés, les nouveaux matériaux, etc.

Le troisième axe visait à reconnecter la Vallée de la Chimie au territoire dans lequel elle est implantée. Cet axe est très lié à la prise en compte des risques. On est ici dans une interconnexion forte entre le tissu urbain très dense de la métropole, avec 100 000 personnes vivant dans les quartiers avoisinants, et des sites Seveso seuil haut, avec une acceptabilité qui n’est pas simple.



3 - Pour votre projet, l’acceptabilité est une dimension importante.

Mais pourquoi la population devrait elle y adhérer ?


En 2010, à peine 10 ans après le drame d’AZF, le fait de conserver une dizaine de sites Seveso seuil haut en entrée de métropole, et même de développer un projet de productif, ce n’était pas limpide. Pour être accepté, il faut montrer aux grand lyonnais qu’ils ont besoin de la Vallée de la Chimie parce que c’est un territoire qui peut leur servir. Alors qu’il est perçu par les métropolitains comme une nuisance, il pourrait être reconnu comme une ressource.
Par exemple, en ce qui concerne l’énergie. Le principe, c’est de montrer que la Vallée, qui est aujourd’hui une zone qui consomme beaucoup d’énergie, peut produire demain l’intégralité de celle dont la métropole a besoin. Notamment sur les énergies de récupération, qui ne sont pas exploitées aujourd’hui et qui, à l’horizon 2030, pourraient alimenter tous les réseaux de chaleur de la métropole.

Ensuite, sur l’impact carbone. La Vallée de la Chimie est responsable à elle seule de 25% des rejets de CO2 de l’agglomération. Les industriels sont donc engagés dans des process de décarbonation de leurs productions, qui sera un plus pour les habitants. Mais, comme ils sont aussi soumis à des obligations de compensation, à travers des plantations d’arbres, nous travaillons aujourd’hui à leur atterrissage local. Pour que dans les années à venir, les forêts du territoire puissent être plantées et gérées grâce aux compensations versées des industriels de la Vallée.

Mais l’acceptation réelle de ce territoire passera forcément par une meilleure connaissance de ce qui s’y passe. Il faut permettre au grand lyonnais de sortir des fantasmes qui entourent ces industries. Quitte à les faire venir sur les sites. Aujourd’hui, la Métropole et ses partenaires ont créé une fondation médiation industrielle qui œuvre dans ce sens. Ainsi, nous produisons en ce moment une web série nommée « Derrière les fumées », qui donne à voir la réalité de la vie et du travail sur ces sites. Le pilote sera normalement disponible avant les Rendez-vous majeurs, nous ne manquerons pas de vous le transmettre !

Mission Lyon Vallée de la Chimie

FAIRE VIVRE ENSEMBLE L’INNOVATION


Lyon vallée de la chimie est une plateforme industrielle et économique majeure intégrée à la première agglomération industrielle de France (hors Île-de-France).

C’est surtout un projet de territoire porté par la Métropole de Lyon pour impulser et entretenir une dynamique de changement et de régénération du tissu économique.

Chiffres clés :
- 800 ha opérationnels dont 60 ha de friches à reconquérir
- 10 000 emplois dans la chimie, l’énergie et l’environnement, dont 25% dédiés à la R&D
- 18 grands comptes
- 600 M€ investis par les industriels entre 2014 et 2020